La majorité des armateurs sont sensibles à l’efficacité énergétique et par le fait même, la réduction des GES. Ayant passé une bonne partie de ma carrière dans le domaine industriel je constate que les étapes pour la mise en œuvre d’un programme de gestion de l’énergie visant l’efficacité sont souvent escamotées dans le domaine maritime. Je m’explique;

L’efficacité énergétique est la pierre angulaire de tous programmes de réduction de GES. Les méthodes pour l’atteindre sont connues et bien documentées. La norme ISO 50001 en est un exemple, mais il y également des organismes gouvernementaux et des associations qui décrivent la façon dont on doit s’y prendre pour entreprendre une bonne démarche.

L’organisme international EVO (Efficiency Valuation Organisation) élabore les normes pour mesurer et prouver les résultats. L’AEE (Association of Energy Engineers) fait la promotion de la nécessité de bien se préparer et décrit les méthodes pour bien quantifier et implanter des projets rentables et durables.

Chose certaine le secteur maritime accuse un certain retard dans ce domaine et voulant parfois s’impliquer rapidement il ignore certaines règles essentielles qui pourtant ont fait leurs preuves ailleurs.

Avant toute chose, on doit mesurer ce qui se passe avant d’entreprendre des projets. Il est facile de prétendre que telle ou telle solution s’applique à son navire, mais sans étude préliminaire il sera très difficile de comparer les données de référence avec la période de suivi (période avant et après le projet).

Ce processus s’appelle l’audit énergétique. Il est vastement utilisé dans le bâtiment, en usine, dans le secteur commercial et institutionnel. Même Hydro-Québec vous le proposera si vous décidez de faire des rénovations à votre maison. La raison? Car il permet ciblez les projets les plus rentables et de quantifier les économies potentielles de façon précise.

Cette démarche réduit les risques et améliore la profitabilité.

Sur un navire plusieurs variables indépendantes doivent être prises en compte. C’est la particularité du monde maritime. Mais des options normées sont disponibles pour pallier à ce problème.

Les étapes à suivre pour le succès dans un programme en efficacité énergétique sont :

  • La planification (objectifs, sélection des navires ayant le meilleur potentiel, budget, etc.)
  • La mesure initiale (Audit énergétique)
  • La mise en œuvre
  • La vérification

Passer directement à la mise-en-œuvre sans avoir préalablement bien étudié le comportement énergétique de son navire c’est souvent de se priver de l’opportunité de dénicher les projets les plus rentables. L’argent est souvent mieux investi quand une liste de priorité est élaborée en fonction des coûts et des économies. Quand on se base sur la mesure et une étude sérieuse.

Une approche systématique lors de l’implantation d’un programme d’efficacité énergétique rassura les investisseurs et permettra de mettre en place d’autres projets qui seront bons pour le propriétaire et pour l’environnement. Il développe une crédibilité et assurera la pérennité de la démarche.

Très peu d’entreprise possède l’expertise pour entreprendre un tel exercice dans le domaine maritime. GHGES en fait partie.